REQUIEM POUR UN SMARTPHONE LES VENDREDI 8 ET SAMEDI 9 janvier 2027 A 20H
Vendredi 8 et Samedi 9 janvier à 20H
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Requiem pour un smartphone
Cie Bulles de Zinc
Partenaires :
Escale des écritures & Awoudy à Lomé (Togo)
Institut français de Kinshasa (Congo)
Théâtre de Bécherel (35)
Animakt à Saulx-les-Chartreux (91)
Cour et Jardin à Vertou (44)
Coeur en scène à Rouans (44)
Théâtre Le Dôme à Saumur (49)
Espace renaissance à Donges (44)
Ville de Saffré (44)
Théâtre Ecriture, jeu et mise en scène : Emmanuel Lambert Texte édité aux éditions de L'Entretemps, 2024 A partir de 14 ans, durée : 1H30
La fabrication, l’importation et l’usage des outils technologiques ravagent notre planète. Ils tuent enfants, femmes et hommes dans leur chair et dans leur âme, éradiquent les cultures vernaculaires des peuples, les privent de leur autonomie et de leur liberté, détruisent les consciences et les fondements de la paix.
Parmi ces outils, le smartphone règne désormais en maître.
Le Requiem du comédien Emmanuel Lambert s’ouvre au Congo dans la fébrilité du fonctionnement d’une mine de coltan, nous conduit dans une marche tragique à travers le désert en suivant la course du soleil et de ses ombres et s’achève sur des funérailles dans la cour d’un village africain. Incarnant tout à tour une jeune femme en révolte vouée à la prostitution, le cynique directeur de la mine au monologue révélateur auquel elle met fin d’un coup de revolver, un mineur amoureux qui s’attache à ses pas jusqu’à des adieux funèbres dans le soleil couchant, Emmanuel Lambert réussit ce tour de force de nous faire embrasser tout à la fois la réalité mondiale du système de production des smartphones, l’impasse et la vanité de leur usage et le poème de l’amour et de la beauté qui peut leur survivre.
Extrait:
« Et moi, je creusais pour le progrès. Je creusais pour mon argent. Je creusais avec pour seule joie, celle
de t'avoir rencontrée... jusqu'à ce matin où il a fallu retourner creuser dans les mines, je voulais rester
dans tes bras, j'ai frappé par terre. Tu as arrêté mon geste. Tu as mis ma main sur tes seins et l'affront de
ta poitrine est redevenu gourmandise... et je l'ai caressée... et je l'ai mordillée... et je me suis aussi
rappelé... que par le passé... j'avais violé.
Trois fois. J'avais violé en forant le pétrole au Nigeria, j'avais violé en creusant l’uranium au Niger,
j'avais violé en piochant le coltan au Congo. J'avais violé la terre.
Tu vas dire qu'il y a de la folie dans mes mots.
La véritable folie, c'est que je n'ai jamais creusé pour moi, toujours pour les autres, pour les besoins des
autres, qu'on appelle les besoins du monde. Je ne veux plus ça, même si je n'ai pas la réponse aux
besoins des autres. »
Une claque puissante, poétique et salutaire pour remuer nos (bonnes) consciences. Requiem pour un smartphone est une trilogie qu'Emmanuel Lambert interprète avec passion et brio. Il dévoile dans un texte fort en trois parties les drames qui se jouent en Afrique autour de l'extraction des minerais rares utilisés pour la fabrication de nos smartphones. Les récits de vie et de mort des trois personnages bouleversent le public qui s'interroge sur sa part de culpabilité.
Jean-Louis André, Le Journal de la rue, Châlons, juillet 2023