LA PART SOMBRE LES VENDREDI 12 ET SAMEDI 13 FEVRIER 2027 A 20 H
Vendredi 12 et Samedi 13 février à 20H
Pour régler votre place du vendredi c'est ici ! Pour régler votre place du samedi c'est ici ! Pour un autre moyen de paiement: resalastationtheatre@gmail.com
La Part sombre
Cie Bravo théâtre
Coproduction : MJC de Douarnenez (29)
et Ville de Combrit (29)
Avec le soutien de L'Armorica à Plouguerneau,
de Bleu pluriel à Trégueux,
du Strapontin -scène de territoire à Pont-Scorff
Théâtre
Texte de Maï David et Gaëlle Héraut Mise en scène de Gaëlle Héraut Avec Maï David A partir de 14 ans, durée : 1H
Dans la pensée qui se fend, frappée dans sa tête par des éclairs de voix qui ne lui appartiennent pas, Maï David chute. Une histoire de six ans, la sienne : des intrus qui l’envahissent avec les trahisons et les faux-semblants comme ceux dont Molière accable Alceste ; l’internement et la contention à Sainte-Anne pour l’empêcher de se cogner la tête à coups de poing ; les médicaments qu’on lui fait avaler, comme Shakespeare à Tamora le pâté de ses propres fils.
La schizophrénie s’immisce par petites touches dans la vie de la comédienne. Poursuivie par l’obsession de la réussite dans le perfectionnement de son art, dans son désir d’enfants et d’une famille modèle, elle écrit à l’encre rouge sur des carnets de luxe la même phrase en boucle. Est-ce là son salut, ou plutôt dans le répit du partage avec les autres patients, autour d’un jeu de tarot, d’une boîte de chocolat ou des discussions, claires comme son regard aux yeux fragiles, avec le très bel Azur, si intelligent et subtil ?
La fragilité nous rapproche les uns des autres. Maï David s’en est sortie. Son récit nous donne à comprendre le flou des frontières entre folie et normalité. Reste l’or de leur soudure, dans une ultime voix lisant en épilogue quelques vers des Mains d’Elsa d’Aragon : « Sauras-tu jamais ce qui me traverse / Qui me bouleverse et qui m’envahit /Sauras-tu jamais ce qui me transperce... »
Extrait:
« La vie reprend ses droits. Mais je me suis brisée en mille morceaux. Mon cerveau a éclaté dans tous les sens. Mon corps aussi. Je me suis fendue, fêlée de toutes parts. Tu sais, au Japon, des céramistes prennent les bols, les ustensiles brisés et ils les réunissent, les réparent en coulant de l’or dans les fêlures. Les bols sont réunis par des filaments d’or. »
Dans un texte de toute beauté, adressé comme une confession, Maï David raconte son histoire... La mise en scène de Gaëlle Héraut est très précise. Un espace vide, des jeux de lumières jouant sur les ombres, quelques accessoires suffisent à définir tous les espaces. Dans ce terrain de jeu, se glissant dans tous les personnages de son parcours, Maï David déploie son talent. Sa magnifique interprétation, toute en nuances de gris et de lumière, est bouleversante.
Marie-Céline Nivière, L'Oeil d'Olivier, septembre 2025
Maï David témoigne, son texte forme un pont entre la personne malade et celle qui s'en est sortie, entre l'avant, l'après et la conjugaison des deux. C'est très impressionnant et enrichissant. Maï David est une belle personne lumineuse, à fleur de peau qui soulève les ombres avec grâce.
Evelyne Trân, Le Monde libertaire, septembre 2025