J'AI SAIGNE LES VENDREDI 9 ET SAMEDI 10 JANVIER A 20H
Vendredi 9 et Samedi 10 janvier à 20H
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J'ai saigné
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Compagnie Chat borgne (67)
Coproduction Le Préau,
Centre Dramatique National de Normandie-Vire
et Espace des Arts,
Scène nationale Chalon-sur-Saône
Le Chat Borgne est conventionné par la DRAC
et la Région Grand Est
Théâtre, monologue Récit autobiographique de Blaise Cendrars Avec Jean-Yves Ruf Mise en scène de Jean-Christophe Cochard Scénographie d'Aurélie Thomas A partir de 13 ans
Dans une langue directe et sans fioriture, sur un ton simple et pudique, avec délicatesse, le poète et romancier Blaise Cendrars revient par ce récit, 33 ans après les faits, sur sa convalescence à l'hospice de Châlon sur Marne en octobre 1915. Blessé au combat, amputé de son bras droit qui est sa main d'écriture, il y rencontre Mme Adrienne, l'infirmière-major. Elle lui demande de partager la chambre d’autres malades et de leur raconter des histoires pour leur remonter le moral : c’est en soignant les autres qu’il va se soigner lui-même.
Dans une intense présence, avec force et simplicité, Jean-Yves Ruf arpente la scène, va et vient de la chaise au lit, s'asseoit, réfléchit. Il est le revenant qui vient prendre soin de notre humanité, il est l'essence du théâtre.
Extrait:
Une nuit -c'était vers le petit jour- je me réveillai en sursaut. Mon voisin était assis sur son lit, capote, draps, couverture éventrés par terre. Je ne sais pas comment il s'y était pris, mais le paralysé s'était dressé sur son séant. Ses yeux ressemblaient à deux étoiles tellement ils étaient brillants et il faisait des efforts désespérés (…) pour arriver à dire quelque chose -une parole qu'il avait sur la langue, au bout des lèvres et qu'il n'arrivait pas à expulser.
J’ai saigné, Grasset, 1938
Jean-Yves Ruf livre un jeu poétique et délicat. Il offre au spectateur l'intensité et la sensibilité d'un texte écrit en pleine tourmente.
Alice Breton, La Croix
Jean-Yves Ruf retient sa voix, prend un peu d'air, comme s'il fallait ménager, longtemps après le temps même de l'écriture, les corps souffrants des petits soldats en agonie. Il tient le public en haleine. Présence massive et discrète, manche vide, voix à peine tremblée, obstinée à la recherche du dire vrai.
Christine Friedel, Théâtre du blog