L' INTRANQUILLITE les 11 et 12 octobre 2024 à 20H
Vendredi 11 et Samedi 12 octobre 20H
Spectacle compris dans l’abonnement
lien paiement en ligne / réservation:
Vendredi : https://www.helloasso.com/associations/la-station-theatre/evenements/l-intranquillite-vendredi-11-octobre-2024
Samedi : https://www.helloasso.com/associations/la-station-theatre/evenements/l-intranquilite-samedi-12-octobre-2024
L’Intranquillité
Création 2024
Compagnie du PasSage (92 / 22)
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Adapté du
Livre de l’intranquillité
de Fernando Pessoa
éditions Christian Bourgois, 1999
Traduction:
Thomas Resendes
Mise en scène:
Jean –Paul Sermadiras
avec
Olivier Ythier
et Thierry Gibault
Scénographie:
Thierry Grand
Lumières:
Jean-Luc Chanonat
Création sonore:
Pascale Salkin
Collaboration artistique:
Daniel Loayza
Théâtre
Durée : 1H15
A partir de 13 ans
Avec le soutien de l’Adami
Le Livre de l'intranquillité (titre original en portugais : Livro do Desassossego composto por Bernardo Soares, ajudante de guarda-livros na cidade de Lisboa) est une oeuvre posthume de Fernando Pessoa publiée pour la première fois en 1982. Ce journal, qu’il a tenu pendant presque toute sa vie en l’attribuant à un modeste employé de bureau de Lisbonne, Bernardo Soares, est considéré comme le chef d’oeuvre de l’auteur. Il alterne chronique du quotidien et méditation transcendante.
« A une époque ancienne déjà, quelqu’un, intime de l’ombre, a inventé cet espace entre vie et mort qu’on nomme « les limbes » (…) Dans ce labyrinthe aux bifurcations infinies, on entend aussi quelque chose d’antérieur au monde, antérieur même à la voix et qui est justement le désir, pour ne pas dire la prétention, d’avoir une voix. » (extrait de la préface d’Eduardo Lourenço)
Le poète est multiple et seul. Dans cette malle de songes s’éprouve l’inanité de l’expérience de la vie. Le poète est convaincu que seul subsistera son rêve car il est plus intense et plus vrai que la réalité. L’action est l'écriture, le bruit est le silence, la lumière est la bougie ou la lampe à pétrole dans l’odeur âcre de sa chambre, si petite et qui contient tant de vies. Conscient de l’oeuvre qu’il crée, il n’a nul besoin de la publier ni de la mettre en forme.
Sur le plateau, nous ressentirons l’étroitesse et l’infini. Parfois l’acteur est confiné, parfois il semble perdu dans le cosmos théâtral.
Faire entendre Pessoa aujourd’hui, c’est faire entendre la force du rêve, l’acte intérieur. Fernando Pessoa est une galaxie littéraire à lui seul, il faudra prendre le temps d’aller au plus profond de l’oeuvre.
Jean Paul Sermadiras
Extraits
Thierry : Avoir touché les pieds du Christ n’excuse pas les fautes de ponctuation
Olivier : Si un homme n’écrit bien que lorsqu’il est ivre, je lui dirai : Enivrez-vous. Et s’il me répond que ça lui fait mal au foie, je lui dirai : « Qu’est-ce donc que votre foie ? C’est une chose morte, qui vit aussi longtemps que vous vivrez, mais les poèmes que vous pourrez écrire vivront encore plus longtemps. (258)
Je relis passivement… ces phrases toutes simples de Caeiro … :
« Parce que j’ai la dimension de ce que je vois,
Et non pas celle de ma taille.»
Dès lors, conscient d'avoir appris à voir, je contemple la vaste métaphysique objective des cieux infinis, avec une assurance qui me donne envie de mourir en chantant…
J'ai envie de lever les bras en criant des choses d'une sauvagerie oubliée, de lancer des phrases aux mystères des hauteurs, d'affirmer une nouvelle et vaste personnalité face aux grands espaces de la matière vide. (46)
(…) Dans une torpeur lucide, lourdement incorporelle, je stagne, entre sommeil et veille, dans un rêve qui n’est qu’une ombre de rêve. Mon attention flotte entre deux mondes, et voit aveuglément la profondeur d’un océan, en même temps que la profondeur d’un ciel ; et ces profondeurs se mêlent, s’interpénètrent, et je ne sais plus ni où je suis, ni ce que je rêve.
Un vent plein d’ombres souffle la cendre de projets morts sur ce qui est éveillé en moi. D’un firmament inconnu tombe une tiède rosée d’ennui. Une angoisse immense et inerte manipule mon âme de l’intérieur, et confusément me change, comme la brise change le contour de la cime des arbres… (Dans la forêt du songe, Grands Textes)