LA STATION-THÉÂTRE

25 janvier 2017

Vendredi 3 et samedi 4 Février 2017 à 20h30: Là quand même

Vendredi 3 et samedi 4 Février 2017 à 20h30:

Là quand même Spectacle compris dans l'abonnement

 

Stéphane Keruel dans Là quand même mis en scène par Jean-Michel Potiron. Photo: Jean Worms

 

Là quand même

Compagnie Le Chant de la carpe

 

Ce spectacle réactive l'urgence de la poésie et réjouira les amoureux de la langue : un poète, non satisfait de ce que le mot chien n'aboie pas, entreprend, contre toute probabilité, de réaliser l'impossible. Du haut d'un rocking-chair surdimensionné évoquant la chaise haute d'un enfant rageur, il mène des assauts désespérés - d'autant plus drôles qu'inappropriés - contre notre langue commune jusqu'à entreprendre de la tremper dans... le chocolat. Tout bascule alors dans l'invention d'une langue poétique entièrement chocolatée comme sortie d'un conte terrible dont il sortira vainqueur, réalisant son rêve initial : faire aboyer le mot chien.

 

« L'envie d'écrire et de monter Là quand même est apparue à l'issue d'une période où je me suis délibérément coltiné l'écoute de dizaines de discours, en particulier de femmes et d'hommes politiques, mais aussi des philosophes et des penseurs. Parmi tous les orateurs que j'ai écoutés, Lacan m'a paru le plus inspirant. Non seulement pour ses très grandes qualités d'acteur, mais surtout parce que sa parole m'a semblé exprimer le mieux, voire incarner l'absolue disjonction entre le réel et le langage. Au-delà - ou en deçà du contenu de son enseignement, il me semblait qu'il parlait en poète, c'est-à-dire au-dessous d'un gouffre, et par-delà l'impossibilité même de prendre la parole. Cette impossibilité, c'est le creuset de toute langue poétique. » Stéphane Keruel

 

Texte, conception et jeu : Stéphane Keruel

Mise en scène : Jean-Michel Potiron

 

Durée : 1h10 à partir de 15 ans

Vendredi 3 et samedi 4 Février à La Station Théâtre, La Mézière

Accueil du public dès 19h30 avec bar et petite restauration.

Entrée : 10 € / 6 € pour les QF≤ à 500 €

Pré-réservation à lastationtheatre@gmail.com ou au 06 41 56 47 01

 

 

Poésie philosophique en quatre tableaux, jouant la tentative de rétablir le lien au réel que le langage humain a coupé, où Lacan, échouant à la saisie d'un sens stable, se fond alors dans la matière du chocolat pour annuler l'absolue disjonction du sujet et de l'objet jusqu'à la joie simple et ludique de réussir à faire aboyer le mot « rien » transformé en « chien ». De Stéphane Keruel mis en scène par Jean-Michel Potiron, avec Stéphane Keruel, comédien et auteur. Compagnie Le Chant de la carpe, Niort. Avec les soutiens de la Région Aquitaine Limousin Poitou Charente, du Conseil départemental des Deux-Sèvres et de la Ville de Niort.

Durée : 1h10

Tout public à partir de 15 ans

Inédit

-comment se tenir... là où l'on EST (de toute façon), où l'on naîtrait... peut-être autrement, où, l'on cesserait -sait-on?- de confluer toujours vers la grande sauce générale, pour... pour soutenir cette position, forcément seul sur notre rocher, et souscrire de notre plein gré à ce bagne. (S. Keruel)

 

Affiche Là quand même

 


12 janvier 2017

Vendredi 20 et samedi 21 Janvier 2017 à 20h30: Et les poissons partirent combattre les hommes

Vendredi 20 et samedi 21 Janvier 2017 à 20h30:

Et les poissons partirent combattre les hommes

Cécile Kiffer et François Possémé dans Et les poissons partirent combattre les hommes de Angelica Lidell

Et les poissons partirent combattre les hommes

d' Angélica Liddell, par la Cie Jean Beaucé

 

Sur les plages d’Espagne, où les touristes se dorent au soleil, les immigrés clandestins viennent s’échouer, morts ou vifs. La confrontation des deux mondes est un révélateur des bassesses d’une société où chacun se cramponne à son bout de pouvoir, niant sa complicité dans le drame qui est en train de se jouer.Les listes des morts et des disparus s’enchaînent, lancinantes. «Et si un jour ils réapparaissaient? Et si un jour ils réapparaissaient transformés en poissons pour aller combattre les hommes?»Le cri de rage,alors, devient allégorie d’une société confrontée à ses peurs, à ses contradictions,et qui semble avoir perdu le sens du mot«humanité»

Dans un rapport frontal et intense, avec son réalisme sans détour, sa restitution crue de faits insupportables, le texte est donné au public par Cécile Kiffer. François Possémé accompagne ces mots, par une composition qui se déploie tour à tour comme un personnage, un support, un espace, un point final. En toile de fond, une vidéo crée un paysage changeant et saturé croisant des horizons, des océans, des poissons.

« Vous avez vu monsieur La Pute, vous avez vu que ce poisson a des yeux d'être humain ? Avec tous ces noirs qui se sont noyés, les poissons commencent à avoir des yeux d'être humain. Avec tous ces noirs qu'ils ont mangés, les poissons commencent à avoir des yeux d'être humain. Il faudrait donner des fusils aux pêcheurs. Parce qu'un poisson avec des yeux d'humain, il faut le tuer comme un être humain, pas vrai, monsieur La Pute ? »

Durée : 1h. à partir de 15 ans

Vendredi 20 et samedi 21 Janvier à La Station Théâtre, La Mézière

Accueil du public dès 19h30 avec bar et petite restauration.

Entrée : 10 € / 6 € pour les QF≤ à 500 €

Pré-réservation à lastationtheatre@gmail.com ou au 06 41 56 47 01

stationtheatre.canalblog.com

 

Spectacle-performance, hommage, antisocial et sans complaisance d'une femme engagée, enragée et desespérée, aux exilés « clandestins » noyés dans le silence complice des politiques par la mondialisation capitaliste. De Angelica Lidell, réalisé et interprété par Cécile Kiffer, comédienne et François Possémé, musicien auteur-compositeur. Cie Jean Beaucé, Rennes.

Durée : 1h.

Tout public à partir de 15 ans

Editions Théâtrales traduit de l'espagnol par Christilla Vasserot

Apparemment, l'Afrique n'est rien d'autre qu'un problème. Le problème des immigrés. Noyés, raides, les poings serrés sur la poitrine. Les pauvres n'ont pas d'âme(…) Comment échapper au lieu commun charitable et à la dénonciation dégoulinante ? (...) Imaginer un miracle, c'est tout ce qui me vient à l'esprit. (A. Lidell)

Précédé d'un arpentage avec le Kerfad le 17 Janvier de 19h à 22h. Voir ici : http://stationtheatre.canalblog.com/archives/2016/07/25/34120498.html

Mardi 17 Janvier 2017, de 19h à 22h : Une Histoire politique du barbelé

ARPENTAGES avec le Kerfad

 

histoire politique barbelé

 

Dans le cadre d'une complicité entre La Station-Théâtre et le Kerfad et en lien avec les thématiques de certains des spectacles joués au cours de la saison, Claire Aubert animera deux ateliers de lecture collective d'essais philosophiques et de sciences sociales afin d'en décoller le sens du déchiffrement et de la norme univoque. L'intégralité de chaque ouvrage sera divisée en autant de sections qu'il y aura de participants pour être lues individuellement pendant ½ heure avant de passer à un échange collectif d'impressions propre à révéler l'autonomie de nos capacités d'orientation dans la lecture.

 

Mardi 17 Janvier 2017, de 19h à 22h :

 

  • Une Histoire politique du barbelé de Olivier Razac, essai philosophique, en lien avec Et les poissons partirent combattre les hommes

 La participation à cet atelier nécessite une adhésion de 5 Euros, valable toute la saison, à l'association La Station-Théâtre. Inscriptions en envoyant un message à lastationtheatre@gmail.com

11 janvier 2017

Du vendredi 27 soir au dimanche 29 Janvier 2017: La fonction poétique dans la création théâtrale

Du vendredi 27 soir au dimanche 29 Janvier 2017:

La fonction poétique dans la création théâtrale

affiche stage Keruel

Stage Expérimenter la poésie

comme principe actif de la création théâtrale

 

Pour qui ? Stage limité à 12 participants accessible à toute personne habitée d'un désir de recherche, y compris aux personnes en découverte de la pratique du théâtre.

 

Quoi ? 1/Travail de textes poétiques (en particulier de G. Luca, C. Tarkos, C. Pennekin) : comment dire la poésie? Introduction de la notion d'adresse dans le contenu littéraire. Aspects techniques de la prise de parole, la question du sens et l'exploration du contenu "matériel" du poème (sonorités, rythmes, différentes incidences de l'inspiration dans la respiration d'un texte, séquence du ver, lignes mélodiques du phrasé, etc.)

2/Création de saynètes de l'écriture à la mise en jeu : Etudier activement les rapports entre écriture à la table et écriture de plateau. L'expérience, à la fois ludique et sérieuse, offre à chaque participant-e la possibilité d'expérimenter les fonctions d'auteur-trice, d'acteur-trice et de metteur-euse en scène.

 

L'intervenant : Stéphane Keruel. Comédien professionnel depuis 1987 puis metteur-en-scène et auteur. Formé à l'Ecole Régionale des Beaux Arts d'Aix en Provence et au Conservatoire d'Art Dramatique de Lyon, co-fonde la Cie Lhoré Dana à Lyon puis la Cie Le Chant de la carpe en 2001, joue Kafka, Harms, Motton, Bond, Fleisser, Rouabhi, Trolle. Recherche sur Luca, Tarkos, Prigent, collabore avec J. M. Potiron et Guigou Chenevier.

 

Horaires : - vendredi 27 janvier 2017 de 20h30 à 23h

- samedi 28 janvier de 14h à 19h

  • - dimanche 29 janvier de 10h à 17h

    Stage de mise en œuvre de la théâtralité de la poésie et de la poésie du texte théâtral accessible à toute personne habitée d'un désir de recherche, y compris aux personnes en découverte de la pratique du théâtre, animé par Stéphane Keruel. Compagnie Le chant de la carpe, Niort.

Durée : 14h.

Tout public à partir de 16 ans

70 Euros par personne + 5 Euros d'adhésion

En lien avec les représentations de « Là quand même » les vendredi 3 et samedi 4 Février 2017

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22 décembre 2016

Vendredi 6 et samedi 7 Janvier 2017 à 20h30: Les Bédouins de Pétra*

Vendredi 6 et samedi 7 Janvier 2017 à 20h30:

Les Bédouins de Pétra Spectacle compris dans l'abonnement

Les Bedouins de Petra, documentaire de Marie-Claire Thouault

Documentaire filmé entre passé simple et présent imparfait sur la vie des Bdouls expulsés des grottes de la ville antique de Pétra par l'Unesco et la Jordanie au nom du tourisme culturel. De Marie-Claire Thouault, suivi d'une lecture bilingue des poèmes Al-Mu'allaqât, fleurons de la poésie préislamique, et de ceux de poètes yéménites contemporains, par Thierry Beucher, Gwenael De Boodt, Bachar Alsattouf et Dalila Touhouche. Production La Station-Théâtre.

Durée : 2h.

Tout public à partir de 14 ans

Un détour pour saluer, du camp de Nou‘m, les restes ! Mais que saluerez-vous : quel fossé, quel foyer ? / De Nou‘m désert et dépeuplé, tout changé par Le va-et-vient, tourbillonnant, de vents violents / C’était un camp de Nou‘m, aux Ham’ât, effacé : Il n’en reste que cendre entre pierres du foyer / (…) Je n’y ai rien trouvé, à quoi me raccrocher, Hormis la graminée et hormis le foyer !

Les Bédouins de Pétra

Un film documentaire de Marie-Claire Thouault

Au début des années 80, la Jordanie et l’Unesco expulsent le petit peuple de la tribu des Bdouls pour inscrire Pétra au patrimoine mondial de l’humanité. Cela faisait pourtant des siècles que ces familles bédouines vivaient dans les grottes de la vieille cité antique. Pendant que les touristes du monde entier affluent par centaines de milliers sur le site, la communauté locale tente de réorganiser sa vie sur le minuscule territoire qui lui est alloué. Ce film est un voyage au cœur de la tribu des Bdouls de Pétra. C’est aussi un regard qui se veut lucide sur l’envers du décor de l’une des destinations touristiques les plus prisées de la planète.

Projection en présence de Marie-Claire Thouault, durée: 52 mn

 

Suivie de

Poèmes du désert

Lus par Thierry Beucher et G. De Boodt, en arabe par Bachar Alsattouf et Dalila Touhouche

Dans la première moitié du VIème siècle, Imrû'l-Qays, roi errant des bédouins Kinda, compose une des célèbres Mu'allaqât, brodées en lettres d'or et suspendues à la Ka'ba de La Mecque pré-islamique. Ce poème, d'une violence sensuelle unique, évoque une vie téméraire et folle dans le désert, où se succèdent nostalgie du campement disparu, jeux érotiques et chasse à la gazelle. Il s'achève par un déluge ravageur dont les stigmates hallucinants parsèment le désert. Al Muqualih, Al Razihi et Chawki Chafiq sont quelques-uns de ces poètes modernes du Yemen dont l'écriture pétrie d' exil, de solitude et d'aubes sanglantes puise encore son inspiration au désert et aux villes anciennes d'aujourd'hui. Durée : 40 mn

 

Accueil du public dès 19h30 avec bar et petite restauration. Tarif : 10 / 6 € pour les QF≤ à 500 €


07 décembre 2016

Vendredi 16 et samedi 17 Décembre 2016 à 20h30: Ma Famille

Vendredi 16 et samedi 17 Décembre 2016 à 20h30:

Ma Famille

Camille Kerdellant et Rozenn Fournier dans Ma Famille de Carlos Liscano

 

MA FAMILLE

 

Dans cette pièce généalogique truculente et cruelle, située en Uruguay, écrite par l'Uruguayen Carlos Liscano et jouée par Camille Kerdellant et Rozenn Fournier, on vend les enfants comme on respire : pour survivre. Aucun jugement moral n’est donné. Les enfants comme les parents trouvent cette situation normale. On en vend un quand on a du mal à finir le mois ou quand il faut un nouveau frigidaire. On les rachète parfois aussi, par exemple pour une fête de famille. Le narrateur raconte son parcours, du petit garçon que ses parents ne mettaient pas sur le marché parce qu’il n’était pas beau, à l’homme qu’il est devenu et qui tout naturellement s’est mis à vendre son père. On traverse cette histoire traitée avec cocasserie et tendresse en admirant la virtuosité d’un auteur qui nous fait passer du récit au théâtre sans qu’on n’y prenne gare.

 

 

Les parents ne parviennent à être vraiment parents que s’ils acceptent l’indépendance de leurs enfants. Les enfants ne parviennent à être véritablement adultes que s’ils cessent de dépendre de leurs parents. Les frères et sœurs s’ouvrent un chemin dans la vie le jour où ils décident d’être différents les uns des autres. La famille est le lieu où se fait le commerce des sentiments.

Carlos Liscano

 

Durée : 55 mn, conseillé à partir de 12 ans

 

 

La performance des deux comédiennes dont la réputation n'est plus à faire, sobriété de tenue et richesse de jeu . « ‘’Ma Famille’’: Un vrai tour de force ! Reconnaissent les spectateurs détaillant le jeu magistral des deux comédiennes. Cruauté et drôlerie des mots, légèreté et adresse dans l’interprétation, suscitent l’écho chez les spectateurs saluant ce bon moment de théâtre!

Ouest-France Quimper, 2012

Conte généalogique truculent et cruel, sans jugement moral mais critique caustique du pouvoir libéral et marchand, où l'on vend les enfants comme on respire : pour survivre. De Carlos Liscano, mis en scène et joué par Camille Kerdellant et Rozenn Fournier, comédiennes, avec la collaboration artistique de Michaël Egard. compagnie KF association, Rennes. Avec les soutiens du Noroît et du Théâtre du Cercle.

Durée : 55 mn.

Tout public à partir de 12 ans accompagné

Editions Théâtrales traduit de l'espagnol par Françoise Thanas

Acteur un - Les gens (…) te voyaient cette tête et ils continuaient leur chemin. Si tu parlais, c’était bien pire. Mais ils n’avaient pas besoin de t’entendre, te voir leur suffisait. Je n’ai jamais vu un enfant aussi invendable que toi. (…) ”(C. Liscano)

23 novembre 2016

Vendredi 2 et samedi 3 Décembre 2016 à 20h30: Kaputt

Vendredi 2 et samedi 3 Décembre 2016 à 20h30:

Kaputt Spectacle compris dans l'abonnement

Fred Pougeard dans Kaputt de Curzio Malaparte. Photo Alain Julien

Récit sidérant à la beauté délirante où l'horreur et l'indigne du front de l'Est en 1914 se donnent nettement à voir et à sentir par la voix, cet ultime bien commun de notre humanité. De Curzio Malaparte, adapté par Fred Pougeard et mis-en-scène par Pascal Adam avec Fred Pougeard, comédien-conteur. Compagnie L'Allégresse du pourpre, Reims. Avec les soutiens de la Région et de la DRAC Champagne-Ardenne, du Conseil départemental de la Marne et l'accompagnement du Théâtre du Salmanazar à Epernay, de la Filature à Bazancourt, du Théâtre du Nouveau Relax à Chaumont, du Centre culturel Saint-Exupéry à Reims et de la Maison du conte à Chevilly-Larue.

Durée : 1h20

Tout public à partir de 14 ans

Editions Denoël traduit par Juliette Bertrand

Il me semble que l'ancienne loi humaine et bestiale de la guerre prenait le dessus sur la nouvelle loi de la guerre mécanique. Avec l'odeur de la jument morte, je me retrouvais comme dans une ancienne patrie, une patrie retrouvée.(C. Malaparte)

Le 09 juin 2012, l'émission “Une vie, une oeuvre”, dirigée par Matthieu Garrigou-Lagrange et diffusée tous les samedis sur les ondes de France Culture, évoquait la vie et l'oeuvre de l'écrivain italien, Curzio Malaparte (1898-1957) :

Curzio Malaparte (1898-1957) : Une vie, une oeuvre [2012]

 

"Fred Pougeard ne dit pas Malaparte : il est Malaparte. Il est le journaliste qui traine ses guêtres sur le front de l’Est, en pleine deuxième guerre mondiale, durant le terrible hiver 1941-42, et qui voit le passage de la « guerre ancienne » à la « guerre nouvelle », comme il dit, la première étant illustrée par l’odeur des charognes de chevaux morts et la seconde par celle des blindés anéantis.

Il est l’écrivain qui voit l’indicible, qui décrit « le regard mystérieux des morts », les soldats transformés en bêtes sauvages, l’officier nazi face à l’enfant partisan qui a osé le défier les armes à la main et qui dit reconnaître son œil de verre au fait qu’il est le seul où brille une lueur d’humanité.
Il est le dandy qui relate (fiction ou réalité) une rencontre avec Himmler et ses proches dans un sauna de Finlande, d’où il conclut que les allemands nus sont désarmants d’innocence adolescente et que leur peau, en vérité, c’est l’uniforme. Il est l’observateur qui conte le combat homérique entre un officier SS et un saumon dans un torrent de Laponie. Il est le philosophe qui conclut de ce voyage au bout de l’horreur qu’il a senti « l’odeur de l’Europe morte ».

Durant ce récit, on oublie la présence du conteur. On oublie Fred Pougeard tant il possède l’art d’embarquer le spectateur. On est tour à tour au front, ou dans un salon mondain, ou dans une ambassade, dans tous ces lieux visités (ou fantasmés) par Malaparte et restitués par Fred Pougeard, qui joint le geste significatif à la parole forte. On a parfois reproché à Malaparte d’avoir mélangé le vrai et le faux. Peu importe, d’ailleurs. C’est le lot de tout écrivain. Mais quand Pougeard dit Malaparte, tout est vrai."
Jack Dion, Marianne, 17 Juillet 2015

 

 

 

"Sur la scène, une chaise. Simple comme une chaise, familière comme le monde d'hier, d'un bois quelconque qui évoque peut-être ceux de la Finlande à feu et à sang, et qui prolonge insensiblement le corps du conteur avant d'imposer son insignifiance avec fracas. Sur fond noir, une lumière parfois brûlante, d’autres fois glaciale enveloppe un conte infâme et sensoriel à l'excès. Avec Kaputt, la compagnie L'Allégresse du pourpre s'est commise avec le témoignage difficilement jugeable d'un événement historique à jamais impensable : on en sort bouleversé par la force de sa sobriété."

Pierre-Henri Ortiz; Nonfiction, 11 Août 2015

 

05 novembre 2016

Vendredi 18 et samedi 19 Novembre 2016 à 20h30: Un Bec – Antonio Ligabue

Vendredi 18 et samedi 19 Novembre 2016 à 20h30:

Un Bec – Antonio Ligabue Spectacle compris dans l'abonnement

Jean Vocat dans Un Bec de Mario Perrota. Photo Luigi Buirroni

Monologue théâtral en ultime règlement de compte et au fusain sur toiles de ce peintre naïf à l'inépuisable désir d'amour, rejeté pour inconvenance et agressivité par les enseignants et les médecins suisses puis par les villageois italiens jusqu'à l'exil sur les rives du Pô dans la forêt qui devient son atelier sauvage. Ecrit et mis-en-scène par Mario Perrotta avec Jean Vocat, comédien. Production Mais Oui ! Paris et Suisse.

Durée : 1h15

Tout public à partir de 13 ans

Inédit, traduit de l'italien par Anne Cuneo

 

UN BEC-Antonio Ligabue

 

 

Seul-en-scène, le comédien Jean Vocat interprète le célèbre peintre italien Antonio Ligabue, de son abandon dès sa naissance en Suisse en 1899, jusqu'à sa mort en Italie en 1965.

Fusain à la main, l'artiste convoque ses souvenirs en les esquissant à grands traits sur 3 grands panneaux qui composent le décor.

Tour à tour  se dessinent au charbon noir les paysages de son enfance, les femmes qui l'ont abandonné, les hommes qui l'ont rejeté, le poussant à s'exiler lui-même dans la forêt pendant plus de 30 ans. Dans ce qui s’apparente à un ultime règlement de compte, Antonio Ligabue matérialise ses fantômes pour mieux les exorciser.

 

Ce récit torturé est ponctué d’une demande inlassablement répétée : « Donnez-moi un bec ».

Un « bec », c’est à peine un baiser, tout juste une bise, « un instant de bonheur », la marque infime de l’affection dont Antonio aura manqué toute sa vie.

 

A travers ce parcours chaotique, l'auteur Mario Perrotta traite des thèmes qui lui sont chers : la création, le rejet, la folie.

 

"La séduction qu'opère le spectacle de Jean Vocat sur le public m'impressionne beaucoup. Les commentaires que j'ai entendus... Comme si les gens, soudain pris d'appétits artistiques de haut vol, découvraient où peut nous caresser un théâtre aussi ténébreux. (...)Mais quel jeu sur cette corde raide!"

Romain Bouteille

« Donnez-moi un bec ». Un « bec », c’est à peine un baiser, tout juste une bise, « un instant de bonheur », la marque infime de l’affection dont Antonio aura manqué toute sa vie.

 

 

Lien Jean Vocat : www.jeanvocat.com

 

Lien video Un Bec :


https://vimeo.com/173263177

 

Lien video Ligabue (RAI):


https://www.youtube.com/watch?v=B5kAhWA-Bko

 

Lien spectacle facebook Station :

Un Bec - Antonio Ligabue / Copyright photo : ...

Vendredi 18 et samedi 19 Novembre 2016 à 20h30: Un Bec - Antonio Ligabue (Spectacle compris dans l'abonnement) Monologue théâtral en ultime règlement de compte et au fusain sur toiles de ce peintre naïf à l'inépuisable désir d'amour, rejeté pour inconvenance et agressivité par les enseignants et les médecins suisses puis par les villageois italiens jusqu'à l'exil sur les rives du Pô dans la forêt qui devient son atelier sauvage.

http://www.facebook.com

 

 

 

 

17 octobre 2016

Vendredi 4 et samedi 5 Novembre 2016 à 20h30: Silensophone

Vendredi 4 et samedi 5 Novembre 2016 à 20h30:

Silensophone spectacle compris dans l'abonnement

Massimo Dean et Marco Brossolo dans Silentophone. Photo: Kali and co

Récital musical de poèmes à la grammaire virtuose progressant en exploration de la langue où les mots perdus courent après un sens qui n'existe pas, pour prendre conscience de l'irrationalité de notre langage. De Ghérasim Luca, mis-en-scène par Massimo Dean, avec Massimo Dean, comédien et Marco Brosolo, compositeur, à la guitare. Compagnie Kali & co, Rennes. Avec les soutiens de la Ville de Rennes, de la Région Bretagne, de l'Institut Français et du Circo Culturale Il Menocchio.

Durée : 50 mn.

Tout public à partir de 14 ans

Oeuvre éditée ou rééditée chez José Corti

Je parcours aujourd’hui une étendue où le vacarme et le silence s’entrechoquent – centre choc – où le poème prend la forme de l’onde qui l’a mis en marche. Mieux, le poème s’éclipse devant ses conséquences. En d’autres termes : je m’oralise. (G. Luca)

Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913. Il s'est oralisé en langue française jusqu'en 1994, date à laquelle il se jette dans la Seine. Il est depuis devenu un milliard d'étoiles dans les galaxies bégayées, répétées, tordues et distordues de la langue.

La voix profonde et mouvante de Massimo Dean les scande et les projette en éclats de sens dans toutes les directions. La guitare percussive de Marco Brosolo les tourbillonne vertigineusement jusqu'au choeur dont nous sommes, nous public.

C'est ainsi qu'au bord de la vie, dire devient faire. Et nous nous y précipitons ensemble, à cheval sur des comètes sémantiques.

30 septembre 2016

Vendredi 14 et samedi 15 Octobre 2016 à 20h30: Léo Ferré - Ne chantez pas l'amour!

Vendredi 14 et samedi 15 Octobre 2016 à 20h30:

Léo Ferré - Ne chantez pas l'amour!

Annick Cisaruk et David Venitucci. Photo de Francis Vernhet

Chansons de femme et d'amour, de révolte et de passion, de poésie et d'utopie, entre Paris et la mort... Chansons de musique. Du poète visionnaire et compositeur universel Léo Ferré interprétées par Annick Cisaruk au chant et David Venitucci à l'accordéon, Association Rue Zasky, Paris.

Durée : 1h.

Tout public à partir de 13 ans

Disque édité chez Harmonia Mundi

Cette blessure / Où meurt la mer comme un chagrin de chair / Où va la vie germer dans le désert /Qui fait de sang la blancheur des berceaux / Qui se referme au marbre du tombeau / Cette blessure d'où je viens. (L. Ferré)